jeudi 25 août 2016

L’élu et la gestion de la chose publique


Je croyais que le temps de la démagogie, à la veille des élections était révolu et que le pauvre électeur dormira tranquillement, sans influence aucune, jusqu’au jour des urnes.
Mais voilà que je découvre qu’on est loin du compte et qu’en politique, comme à la belotte, tous les coups sont permis. Seulement, avec ces gens-là  monsieur, pour dormir, même d’un seul œil, il faut se lever de bonne heure.  Eh oui ! Pour vitupérer dans ces sphères-là, souvent, il faut s’entourer d’écus et manier toutes les armes, même les plus viles d’entre elles.

Notre jeunesse montante, les marocains de demain, doivent savoir que l’heure est grave et que leur devenir, sans être alarmiste, se trouve dans une position d’équilibre précaire, que nul autre ici-bas ne peut consolider à leur place.

Ainsi, pour ne pas rester dans le vague et redescendre incontinent sur terre, précisément au niveau du boulevard ATLAS AL KEBIR Hay Salam à salé, à titre d’exemple, laissez-moi  vous raconter, une petite histoire, véridique à cent pour cent, qui débute en 2015 et se poursuit à nos jours.
Le boulevard  sus cité, vieux, à peu près,  d’une quarantaine d’années, était embelli depuis sa création par de petits jardins, annexés aux immeubles, comme ils apparaissaient sur les plans du lotisseur, dont je tais le nom, par déontologie.  Ce petit coin de verdure, harnaché et entretenu par les habitants, donnait un charme supplémentaire à ces bâtisses (Voir la photo 1 ci-contre-Avant le désastre).

 Il y  faisait bon d’y vivre, car les arbres protégeaient les habitants de la poussière, donnait de l‘ombre à leurs progénitures  et formait un bouclier naturel aux nuisances sonores et aux gaz d’échappement des véhicules qui arpentent à longueur de journée l’avenue. Cet atout était un mobile supplémentaire d’achat des appartements dans ses immeubles sensés apportés plus de  quiétude et de calme aux habitants.

 Mais voilà, subitement, quelques élus dont les desseins, peu connus, au demeurant fallacieux, peut-être par ignorance, s’en sont pris à cette avenue, large de plus de trente mètres et ont donné leur aval pour raser complétement tous les jardins, en abattant des arbres vieux de plus de trente ans, sans aucune vergogne (Voir la photo 2 ci-contre).

On aurait compris, si cette avenue avait un faciès commercial, et que les piétons longeraient de belles vitrines. Mais dans le cas présent, sur tous les blocs des habitations, à une seule exception près, pas un commerce ne se pointe à l’horizon.   
On aurait admis également, si, comme il était prévu sur l’itinéraire initial du Tramway, le prolongement de la ligne à partir de Bettana, via le boulevard Atlas El Kabir, pour remonter ensuite vers l’aéroport, fut exécuté pour le bien des habitants pour la plus part, travaillant à Rabat.
Mais rien de tout cela, on enlève de la bitume, on élargie de 80 cm de chaque côté, on déboise impunément aux yeux de tout le monde. On enlève les lampadaires, pourtant, toujours fonctionnels, on en remet d’autres, on creuse des tranchés pour l’enfouissement de câbles ou de conduites, qu’on déterre tout de go dans une anarchie totale, on oublie l’emplacement des poubelles, pour faire reluire davantage le décors, on en confectionne, à la va vite, sans aucune étude d’impact sur les premiers concernés et on passe à la caisse….

 
L’improvisation étant, malheureusement le maitre mot dans cette affaire. On obtient le résultat suivant (Voir la Photo 1 Après et la photo 3), avec ce qui reste des jardinets, dans un état lamentable, avec un carrelage qui a la tremblote et qui part déjà en morceau dans plusieurs endroits, avec des poubelles parsemées ici et là qui font le bonheur des chiffonniers et le désarroi des habitants. Aucune évaluation à chaud, aucune post-évaluation, aucun contrôle de gestion, aucun indice qui dénote d’une quelconque approche méthodique de suivi de projets.
Un projet, tout compte fait, qui a été mené, uniquement pour consommer un budget, qui profite sûrement à quelques-uns, en tout cas pas aux contribuables, ni à leur environnement.
Le commun des observateurs, qui arpente ce boulevard trouvera le plus insolite et le plus hérétique  à la fin de son parcours, dès qu’il atteindra les bidons villes, à quelques encablures de là, même limitrophes par endroits et qu’il saura que plusieurs mandats se sont écoulés sans que les habitants de ces masures, ne soient relogés décemment.
Mais il comprendra, en cogitant un tantinet, que c’est là une aubaine pour ceux qui se font élire, une carte maitresse  que les habitués du scrutin, tiennent bien au chaud dans leurs manches. Je dirais même que cette population marginalisée,  peu ou prou alphabétisée, est un atout majeur qui permet à l’élu actuel ou celui à venir de déboiser, impunément, toutes les avenues de la cité.

Enfin, pour ceux que cela intéresse, nos élus, comme la loi n°12-90 le stipule*, sont partie prenante de tout changement qui affecte l’environnement de leurs électeurs, notamment le plan d’aménagement de leur quartier. Ils sont également tenus par un contrat moral, d’informer, voire de soumettre toute proposition de changement  à leurs représentés quand le niveau d’importance d’un projet l’exige. Telle est la loi, dans un pays de démocratie comme le nôtre et personne n’a le droit de l’outrepasser. N’est-ce pas ?
Maintenant, quand nos élus n’ont ni le courage, ni l’entendement d’honorer leurs engagements envers leurs électeurs, quand les avantages en nature ou les pièces sonnantes et trébuchantes qu’ils convoitent leur font occulter les règles de bienséance et de vertus, les plus élémentaires, nous ne pouvons alors que prier Dieu de venir en aide à nos jeunes et futures décideurs pour renverser la vapeur, en s’impliquant davantage dans les élections. C’est dans le vide laissé par les jeunes, en raison d’un jeu électoral toujours biaisé, que résurgent bassesse, traitrise, corruption  et bien d’autres maux de société, plus vilains les uns que les autres…..

Rappelez-vous que l’élu est celui que les citoyens choisissent et non celui qui se fait élire à la manière que vous savez……

Signé : S.ABDELMOUMENE


*Conformément aux dispositions de l’article 27 du décret n°2-92-832 du 14 Octobre 1993 pris pour l’application de la loi n°12-90 relative à l’urbanismeles conseils communaux sont tenus de prendre toutes les mesures nécessaires pour la réalisation et le respect du plan d’aménagement en concertation avec les services extérieurs de l’urbanisme relevant de ce département, ou l’Agence Urbaine selon le cas….


samedi 30 juillet 2016

Saleté de poubelle !!!


Notre pays, ratifie tous les traités qu’on lui présente, à la va vite, pour rester in ou pour  jouer le jeu d’un allié d’outre-mer, va même jusqu’à voter des lois, calquées pour la plupart sur celles de ses partenaires, convaincu d’avance qu’elles ne seront jamais appliquées, parce qu’il n’en a ni les moyens ni la volonté, encore moins le contexte. Les congrès et les conférences se suivent et se ressemblent et la COP 21 à Paris, puis bientôt la COP 22 à Marrakech, les résolutions fondent comme neige au soleil, dès que les congressistes ou conférenciers regagnent leur patelin. Les projets de ratification des accords restent nocturnes et ténébreux  et ne voient jamais  le jour, quand ils ne sont pas tout bonnement oubliés. Bien des lois sont devenues à mon avis désuètes, sans jamais avoir été utilisées.  

Les exemples que je commente aujourd’hui, ont sûrement fait verser beaucoup d’encre, par des soucieux et fervents défenseurs de l’environnement et de la santé du citoyen (près de 120 ONG pour la protection de l’environnement rien qu’à Rabat-Salé-Zemmour-Zair, Ouaou !! Qui l’aurait cru ?). Je prends à titre d’exemple, la loi sur l’eau (10-95), vieille de 21 ans, alors que les articles ou les clauses dissuasives pour les pollueurs invétérés n’ont jamais été activées. La notion donc de pollueurs-payeurs (Article 54), longtemps utilisée comme refrain n’a pas effrayé ceux qui la transgressent et qui connaissent la chanson, ou plutôt le tintement de pièces sonnantes et trébuchantes.

 

Le deuxième exemple que je prends ensuite est celui de la Loi n° 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination. Alors là, mon ami cette saleté de poubelle, nous colle au corps. Pourtant la loi est là, tellement bien peaufinée, sur le modèle de nos amis français, tellement précise, avec même les types d’infractions, les amendes correspondantes et même le nombre de mois d’emprisonnement pour les récalcitrants, si bien ciselée, qu’elle ne peut être appliquée dans notre contexte.

Allez donc expliquer à nos pauvres bougres, qui ne savent plus à quel saint se vouer, qui cherchent désespérément une barquette ou un conteneur pour y déposer leurs détritus, qui fatigués de tourner en rond, à la recherche de cette saleté de poubelle, qu’ils ne trouvent point, finissent par oublier les règles de bienséance et de voisinage et abandonnent leurs ordures en plein boulevard devant les habitations de leurs concitoyens.

Après moi le déluge, et comme le « panurgisme » est notre force, ici-bas, ils se passent le mot et en moins de deux, une décharge à ciel ouvert  se créée au grand dam des citoyens limitrophes.

Mais faut-il leur en vouloir ? Oui et Non. 

·         Oui, car « nul n’est censé ignorer  la loi », on pourrait même enfoncer le bouchon plus loin, en disant que les droits s’arrachent et ne se donnent pas.

·         Non, car plus de 50% de la population est analphabète et ne peut par conséquent s’informer par ses propres moyens. Ainsi, cette tranche de personnes ignorent, qu’elles payent une taxe communale (Ex taxe d’édilité) qui leur donne le droit de réclamer de la commune un service de voierie et de ramassage des ordures, tel qu’il est décrit dans la loi 28-00 sus citée. Mais le plus inouï, c’est que même informées par un quelconque artifice, elles n’osent point s’adresser à leurs élus, quand encore ces mêmes élus ne leur ont pas acheté en même temps que leur voix, leur silence (motus, bouche cousue).

Finalement, cette saleté de poubelle risque de mettre à jour la partie cachée de l’iceberg.

L’hérésie, maintenant c’est que d’un côté le citoyen paye un service non fait (Article 23), et d’un autre il peut recevoir une amende pour  avoir déposé son sac à ordure à même le sol au mauvais endroit (Articles 70 et 77). La chance cependant, pour nos pollueurs avérés, c’est que les agents commissionnés pour rédiger des contraventions, pour les deux lois sus citées, brillent par leur absence. Résultat : Les pollueurs végètent impunément et répandent leurs ordures à tout bout de champ, dans un toupet exaspérant. Alors si tu es malchanceux, comme moi, et que ta fenêtre surplombe un boulevard, où se situe une saleté de poubelle, tu peux dire adieu à ta qualité de vie. Chaque fois que tu ouvres ta fenêtre pour respirer un coup, tu la refermes dare-dare, car trois de tes sens sont de facto agressés et le quatrième risque de l’être.

Eh Oui, ta vue est ébranlée, par une barquette renversée à même la chaussée, la quasi-totalité de son contenu étant répandue sur le sol, ton odorat, inhale des odeurs de putréfaction avancée, ton ouïe est dérangée par le bruit occasionné par les récupérateurs d’objets à recycler qui renversent, de nuit comme de jours les poubelles, sous les aboiements des chiens errants, quand ce n’est pas le camion des ramasseurs qui actionne sa benne tasseuse dans un bruit strident et insupportable, enfin le risque que le goût peut être également affecté, est présent, car le lixiviat qui dégouline de la poubelle renversée et/ou du camion dans la phase de compression, va vers le point le plus bas en longeant le trottoir et coule au-dessus de la canalisation de l’eau potable qui dessert tout le boulevard. Je vous laisse imaginer la suite, si par malheur, une éventuelle dépression, venait à se faire, une succion de ce lixiviat (concentré de bactéries dangereuses et de produits chimiques toxiques)  pourrait affecter irrémédiablement la santé des habitants.

 

Doté, comme chaque marocain, d’une brindille de patriotisme, je décidais alors de plonger pour contempler davantage la phase cachée de mon iceberg et là je découvre, non sans amertume, la bassesse humaine et les desseins abjects de certains de mes concitoyens, à quelques encablures de ma fenêtre.

Mes voisins de palier et certains des blocs d’à côté, ont bien voulu signer une pétition (plainte) adressée au Maire, étayée par des photos assez parlantes, en vue de trouver une solution rapide à ce problème. La réponse, curieusement, ne s’est pas faite attendre, car le lendemain, le prestataire chargé du ramassage a équipé le bloc limitrophe d’un conteneur pimpant neuf. Mais à Midi de la même journée, en ouvrant ma fenêtre, je découvre que la nouvelle barquette des voisins a été rangée juste à côté de la nôtre. Résultat : Retour à la case départ avec le supplice de mes sens en sus. A ce moment-là, mon sens du toucher, jusque-là inactif se révolta et dans un élan de colère, je ramenai cette nouvelle, mais saleté de poubelle, là où elle devait être. Le matin suivant, cette nouvelle coquette a encore fait des siennes et s’est retrouvée parquée deux blocs plus loin, pour ensuite disparaître totalement la journée suivante. Je compris finalement, que les habitants des blocs voisins, ne tenaient pas à stresser leurs sens, chaque fois qu’ils ouvriraient leurs fenêtres. Je commençais même à leur donner raison de vouloir éviter de subir le même calvaire avec cette satanée poubelle.

Mais combien fut ma déception lorsque je vis que les occupants des deux blocs voisins venaient déposer, sans gêne aucune, leurs ordures dans ma pauvre barquette, qui sous le poids de la surcharge a perdu une aile et une roue….et s’apprête à rendre l’âme à cause de cette saleté humaine.

La décision, alors fut unanime, et mes voisins et moi décidâmes de demander au prestataire de réformer cette belle poubelle que l’égoïsme et la saleté humaine n’ont pas épargnée. 

Aujourd’hui, chaque fois que j’ouvre ma fenêtre, ma pauvre poubelle n’est plus là, mais les irréductibles qui se morfondent dans l’illettrisme et la bêtise humaine, continuent à déposer furtivement leur sacs d’ordures en plastics (pourtant interdits  Sic !!), à même le sol, en mémoire de celle qui nous a quitté pour toujours…
Quant à moi, je compris qu’il faudrait, que je replonge un autre jour pour aller explorer d’autres recoins de cet iceberg, afin de m’informer sur le comportement humain de mes compatriotes, musulmans et pratiquants, qui n’ont aucune notion du respect de l’être, inerte soit-il ou vivant….
Au fait pourquoi ne pas envoyer nos déchets solides en Italie, en tout cas, ils seront de meilleurs qualité, exempts de matière radioactives SVP !!!!!


mardi 22 mars 2016

L’histoire de Mouna la femme de tous les âges


Voilà encore une femme que la férule du destin nous a ravi, alors que nous nous délections de ses propos pleins de bon sens et remplis d’empathie. Cette grande dame, de par sa longue expérience  de la rudesse de la vie alors qu’elle fut  veuve, dans la fleur de l’âge avec sur les bras une nichée d’enfants, a pu  s’acclimater à son statut imposé par les volontés divines. Elle apprit ainsi à ses dépens et par ses seuls moyens à maintenir sa petite famille à un niveau tout à fait respectable, à stabiliser l’équilibre de son foyer et lui éviter  la précarité. Etant restée seule à la barre, en bon timonier improvisé, elle sut souquer ferme et mener sa barque à bon port. Ses enfants retrouvèrent en elle, un être à deux rôles, celui de facto, de mère, confidente et prévenante et celui  de père protecteur et responsable.
Elle avait toujours à la bouche  le mot  juste et le terme de bienveillance. Sans fioritures, ni boniments, elle vous ouvrait les bras et vous accueillait dans un élan de bonté chaque fois que vous la sollicitiez. Une femme de cette trempe, est devenue monnaie rare de nos jours. Elle avait le don de choisir les gallicismes idoines pour parler, aux jeunes et aux moins jeunes, elle était faite pour tous les âges.
On dit souvent que c’est chez soi qu’on est le mieux. Pour ma part, c’est plutôt chez elle que je me sens le plus à l’aise. C’est chez elle, quand elle était encore à El Hoceima, que ce déclic eut lieu et depuis, ma femme et moi allions la voir à chaque fois que l’occasion se présentait ou chaque fois que nous voulions nous ressourcer et reprendre le dessus sur la vie.
Lhaja Mouna, sans trop souffrir, a quitté ce monde  pour rejoindre celui de l’éternel où sa place est sûrement au paradis parmi les apôtres de ce monde. Elle avait réussi le pari d’étayer ses enfants jusqu’à leur propre envol, avant de s’installer à Rabat avec l’ainée de ses filles, la non moins généreuse Fatimita.
Autant nous sommes affligés par ce départ, sans signe avant-coureur, de cette dame, autant nous sommes satisfaits de voir que la défunte, par ses actions ici-bas s’est immortalisée et restera aux yeux de tous ceux qu’ils l’ont côtoyée,  une femme qui a beaucoup donné, une femme avant-gardiste, qui pèse ses mots et crucifie le verbe.
Merci Mouna, pour tout le bien que tu as répandu sur cette terre, tes enfants et tous ceux, dans mon cas, que tu as marqués par ton aura,  sont fiers de toi, prient pour toi et demande au bon Dieu le miséricordieux  de te recevoir dans ces célestes prairies du Paradis.

Amine Ya Rab Al Alamine
                                                                                                                             Salah et Fatima - Rabat 

mardi 9 juin 2015

Une question de bobines…

Trop de laxisme tue la liberté, notre actuel laisser-aller, démesuré à outrance, nous mène droit au gouffre. Notre permissivité, à l’égard de certains de nos sujets, fauteurs récurrents, qui sous le voile d’une certaine liberté d’expression, n’hésitent pas à porter préjudice à toute une nation pour une poignée de dollars ou de mains salles et répugnantes.
Notre Islam modéré et fort apprécié par ailleurs, à tel point que nous en sommes jalousés, vient de recevoir un coup terrible. Un revers sans précédent, au moment où sous d’autres cieux nous offrons le Livre Sain, pour faire rallier à la cause noble du tout puissant, nos frères des pays voisins, voilà qu’un chu, apprenti cinéaste ou pas, vient atterrir au mauvais moment et au mauvais endroit, semant avec son mode de communication une effroyable désolation. Il s’improvise ainsi en redresseur de tort, visant la notoriété à travers l’indécent, cherchant à se faire son pain, au détriment des autres et à l’insu de la vertu. En se servant de comparses, souvent illettrés,  démunis et aliénés, d’abord par la misère quotidienne, ensuite par les potions miraculeuses qu’ils ingurgitent à longueur de journée, il offre aux Marocains un message choquant, croyant apporter un sensationnel qui n’en est pas un. Malheureusement, pour lui, le sujet qu’il traite est vieux comme le monde, n’a rien d’insolite et n’est guère propre au Maroc. Pourquoi, ne va-t-il pas tourner sa bobine, à Paris ? C’est là-bas qu’il est né d’ailleurs et puis Pigalle est juste à quelques lieux à la ronde de là où il crèche. Il pourra  disposer de figurants beaucoup plus rodés à la besogne. Et puis, il y a aussi la Tunisie, son pays du côté maternel, il y trouvera sûrement matière à embobiner d’autres âmes en détresse pour faire des kilomètres de film. Mais non, il a choisi  le Maroc, le petit poucet, à qui on peut se la faire sans trop de dégâts, sans être inquiété. Il a dû voir la prestation en string de la chanteuse américaine sur les planches de Maouazzine, retransmise SVP à la télé et se voyait dans l'air du temps..
Je crois fermement, maintenant, plus qu’avant que la notion de liberté, commence à être mal interprétée chez nous. Notre pays où la clémence et l’empathie de notre arsenal juridique et judiciaire sont données en exemple, gagnerait à sévir au plus vite et tirer sur les rennes. A titre d’argument, ce voleur de voiture, détenant une arme blanche en plus, se fait écroué pour 3 petits mois de prison et écope d’une amende de 3000 Dhs !!! Ce n’est pas clément ça…
Une conduite de changement s’impose, pour que chacun connaisse ses droits et son devoir envers son prochain. Pour notre cinéaste en verve, le minimum d’un carton jaune s’impose, avec obligation d’adresser des excuses à tout le peuple marocain, ainsi qu’aux pays induits dans le film.
Ce n’est pas en banalisant, des faits comme ceux-là que nous gagnerons le pari de produire des  sujets sains d’esprit et de corps, des sujets actifs et vertueux envers leur patrie et leur roi.  
Nous sommes dans une position de modérés, alors veillons au grain, car sur cette ligne nous sommes proches de clivages dangereux qui peuvent nous porter sérieusement préjudice. Nous pouvons facilement basculer vers l’irréparable, si nous ne mesurons pas nos pas. Soyons vigilants et refusons que de pareils agissements se répètent devant nos chérubins, à qui  l’école et la maison font l’effort d’apprendre  la vertu et la bienséance  mais que nos élus par le biais de concerts ou de films, nus et trop balancés  à mon goût, programmés en période d’examen de surcroit, annihilent dans un toupet exaspérant.
Salah ABDELMOUMENE  (Salé)

vendredi 8 mai 2015

A Mounir, l’éclaireur éclairant

Enfin, une heureuse induction, pour prouver à Si Rahmouni, un tant soit peu de reconnaissance pour l’abattage phénoménal qu’il a volontairement réalisé depuis des décennies, au profit des jeunes et des moins jeunes de notre pays. Ce qui est extraordinaire, c’est ce déclic et cette idée géniale d’avoir permis à la jeunesse marocaine d’antan, qui n’avait alors d’autres artifices que les lettres et les missives pour communiquer, de véhiculer leur pensée  via un quotidien, voué à leur cause.
En plus, il ne s’agissait pas seulement de mettre à disposition, sur les pages de l’opinion,  d’un espace réservé aux jeunes, mais le grand effort résidait dans le maintien de celui-ci, contre vents et marrées, à un niveau de qualité appréciable. La grosse difficulté, sûrement, fut dans la force et la foi nécessaires pour alimenter durablement ces deux pages  à un moment où les écrits des participants, souvent sous forme de manuscrits, devaient être relus, au besoin corrigés, ensuite retapés avant de les transmettre aux imprimeurs du Journal.  Je ne sais pas si, nos jeunes ODJistes   se rendent compte un peu de la difficulté de la gestion du contenu, où une simple coquille, voire un gallicisme mal placé ou mal interprété était lourd  de conséquence.
Ceci est un témoignage d’un ancien jeune, pour ne pas dire un vieux (61 ans), qui a vécu toutes les étapes citées plus haut, qui a écrit bon nombre d’articles, d’abord sur l’opinion région, à la demande du représentant du parti, avant d’être séduit par les deux pages de Si Rahmouni et d’entreprendre d’y  participer de temps à autre  en proposant des articles souvent issus de notre quotidien et de notre vécu.
Conscient de cette impartialité de si Rahmouni, dans le choix des écrits qu’il valide, maintenant, encore plus qu’avant,  je n’ai jamais baissé les bras, quand l’un de mes articles ne trouvait pas de place dans l’ODJ. Je me délectais toujours du plaisir, de lire en premier, le mot de Rahmouni, avant de me rabattre sur les autres essais de mes concitoyens et il ne se passait pas une fois où je n’apprenais quelques tournures peu ou prou utilisées, mais for intéressantes.  
Je ne vous cache pas non plus, que, technologie oblige, je me suis fait un blog, que j’alimente régulièrement, mais je vous assure que le plaisir que l’on a à lire le journal n’a pas son pareil pour agrémenter son vécu et se sentir quelques fois utile à son niveau.
Tout le bénéfice revient donc à cet homme qui a su insuffler, d’une manière intelligente, à plusieurs  générations, cette envie d’écrire, cette envie d’occire le verbe, cette envie d’être un battant, ce souci de bien faire, pour aller de l’avant, pour s’améliorer, pour s’affermir  et s’affirmer.  Il a créé un support parallèle et informel, aux institutions de l’enseignement, qui depuis l’arabisation en 1975, battaient déjà de l’aile.
Il serait prétentieux de ma part de citer d’une manière exhaustive les réalisations de Si Mounir, en si peu de temps et d’espace, mais  je lui dis simplement Merci et je déclare me porter volontaire, si un quelconque hommage venait à être organisé par l’Opinion, en reconnaissance aux efforts louables consentis par cet homme.

Salah ABDELMOUMENE (Un inconditionnel - Salé)

lundi 29 décembre 2014

Encore une perte de taille à Midelt


Décidément, la férule du destin a sévi ces derniers temps dans notre contré. Après le départ tragique de trois illustres personnalités du monde politique et culturel, paix à leurs âmes, voilà que la mauvaise série continue. Juste avant le grand départ de Fatima Aouame, notre célèbre championne du demi-fond, que Dieu l’entoure de sa miséricorde, un autre grand sportif de notre nation, peu connu dans les hautes sphères, mais d’une renommée extraordinaire à l’échelle régionale du centre sud (Meknès –Tafilalet) a rendu l’âme.  
Il s’agit de Hajji Abdelhak. Oh Oui !! La faucheuse ne l’a pas épargné et la pris au dépourvu, dans la fleur de l’âge. Abdelhak, pour ceux qui ne le connaissent pas, est un sportif bourré de talents, footballeur hors pair,  maniant le ballon à la perfection, un cœur infatigable à l’effort et empathique envers ses coéquipiers auprès desquels par sa juste présence, il rayonnait immanquablement.  De ma carrière de footballeur, ensuite d’entraineur au club de l’Union Sportive de Midelt (USM), je n’ai jamais vu un joueur de cette exemplarité, de cette vision de jeux, de cette endurance. Abdelhak était de la graine des champions. Joueur bi dextre à la perfection, il faisait, souvent, à lui seul, basculer le match à l’avantage de son club. Il est tout simplement  de cette trempe rarissime des Dolmi et confrères. Il a décliné à plusieurs reprises les offres de rejoindre des équipes de 1ère division de Meknès et d’ailleurs, pour rester fidèle à son club de 3ème division honneur à Midelt….
Enfin ceci n’est qu’un bréviaire, réduit au maximum, des réalisations de Abdelhak. Le moment étant au recueillement, il n’est guère indiqué pour étendre la palabre.
Père de 3 enfants, Abdelhak, nous a quitté au moment où l’on s’y attendait le moins, asphyxié sous sa douche par le gaz butane, il passa l’arme à gauche, en laissant derrière lui un vide incommensurable, aussi bien sur les terrains de jeu que dans les cœurs des citoyens de Midelt et région.  Tous ceux qui l’ont connu ou entendu parler de ses exploits, ont eu le souffle coupé en recevant la nouvelle, car même les mots sus cités, placés bout à bout plus ou moins adroitement, comme j’ai tenté de le faire, ne pourront exprimer la grandeur de la tristesse que les amis, les proches et la famille du défunt, ressentent en ces moments de séparation.
Adieu Abdelhak, nous ne t’oublierons jamais et nous implorerons le bon Dieu dans nos prières pour te couvrir de sa miséricorde. Nous sommes à Dieu et à lui nous retournons.


Salah ABDELMOUMENE – Rabat- (en mémoire à Abdelhak)

mardi 25 novembre 2014

Comme quoi, jamais deux sans trois !


Et d’un
Pas plus loin qu’hier au soir j’ai eu la chance d’assister à la pièce : « La chute »  d’ALBERT CAMUS  interprétée par une sublime SOFIA HADI sur les planches du théâtre Med V. Ce fut une réussite et un pur délice de restitution d’une œuvre pourtant réputée difficile. Seule anicroche dans ce joli tableau est  celui de voir la salle désespérément vide, hormis une centaine de personnes, pour la plupart des sympathisants et quelques inconditionnels de la prose savamment écrite et récitée.
Bien que la prestation de SOFIA fût un régal à l’ouïe et à l’esprit, bien que je fus en extase devant la capacité phénoménale de mémorisation de cette actrice digne des grandes stars mondiales de cette planète, je ne pouvais empêcher, mon autre esprit de divaguer un tantinet. Je faisais donc des allers et retours entre le fil d’Ariane de l’œuvre, ponctuée par des jalons intelligemment rappelés par SOFIA et le vide stressant, accentué par des fauteuils repliés sur eux même. Décidément, me convainquais-je, que ce n’est pas demain la veille, que mes compatriotes reprendront goût à la culture et viendront se délecter des mots justes que l’interprète épelle pour que vogue la galère du savoir longtemps à quai.

Et de deux
Pas plus loin que ce matin, alors que je scrutais mon journal,  je vis sur la Une un titre qui me fit sursauter, « l’Ecole doit préparer les enfants à affronter l’avenir » et juste au-dessus de la tête de notre illustre ministre de l’éducation nationale (que je respecte beaucoup) en guise de bulle : « Cette année, nous étudierons essentiellement « Les Misérables » de VICTOR HUGO… !  Et tout de go mon esprit se remit en branle. Je parcouru rapidement l’article de fond en comble pour découvrir à la fin, avec étonnement, que c’est la première fois au monde qu’on reproche à nos petits clients, friands du verbe et avide du savoir , d’être analphabètes, pis, d’être incapables de lire ?? Je sus à l’instant que ma pauvre embarcation restera encore amarrée pour l’éternité.  A moins que  des vents favorables ne lui viennent en poupe et rappellent  au timonier, à la barre que « seul l’animal dès qu’il nait est déjà tout ce qu’il peut être », phrase mémorable que chaque enseignant a au moins une fois apprise dans son cursus.
Ensuite, l’approche qualité longtemps décriée dans les programmes scolaires, ne fait- elle  pas allusion à la notion d’exigence et de satisfaction client ? Notion où les clients externes sont nos chérubins et les clients internes nos enseignants.  Triste constat de reconnaitre que ni les premiers, ni les seconds ne sont satisfaits et nous osons parler de qualité.
Dans la qualité, mon compatriote et cher monsieur, on commence par mettre en place un référentiel, validé par les premiers concernés, on mesure ensuite, sur terrain les écarts par rapport à celui-ci et on met, enfin, en place les actions correctives nécessaires. Mais ceci est une autre paire de manche….j’y reviendrai peut être à la prochaine lune.

Et de trois
Pas plus loin que le mois dernier, je visitais l’école de mon quartier où j’ai été honoré de participer il y a deux ans à la création d’une bibliothèque avec l’apport d’un grand nombre de livres obtenus grâce aux efforts d’une enseignante qui s’est vouée corps et âme à cette tâche. Cette salle fut ensuite équipée avec plusieurs ordinateurs montés en réseau pour combattre la fracture numérique bien avant le programme GENIE.  Mais, je fus cloué sur place, où plutôt sous le préau quand j’ai vu que tous les ordinateurs, durement obtenus, gisent désormais sous une bâche dans un coin de la cours, on aurait dit les rebuts de production d’une quelconque usine.  Les pauvres œuvres restées dans la salle sont également ensevelis sous une tonne de poussière. J’en conclus derechef que même les 70%  d’écoles sans bibliothèque annoncés dans l’article sus cité, étaient désormais et indubitablement faux, car cette bibliothèque, ou ce qu’il en reste, venait  y semer le doute. Il me turlupine donc, celui qui parle de la forme et oublie le fond. Comment parler alors de bibliothèques si aucune activité ne s’y passe, si aucun poste budgétaire n’est créé à cette fin et aucune personne n’y est statutairement affectée ?    

Je comprends maintenant et vous avec moi, pourquoi SOFIA s’égosille avec des gallicismes raffinés devant une salle à moitié vide, pourquoi les enfants des misérables ignorent VICTOR HUGO et pourquoi nos pauvres enseignants, jugés incompétents, deviennent comme par enchantement des érudits dans les cours de soutiens et les classes privées.
Enfin, Il est trop tard, maintenant, il sera toujours trop tard. Heureusement ! (Mais ceci n’est que la chute de la chute d’Albert CAMUS)



Salah ABDELMOUMENE, un misérable issu de l’école publique